Les 13 travaux d’Héraclès : une nouvelle victoire ?

Les élèves scolarisés en 5ème au CNED ont travaillé sur un projet de groupe d’EPI : les échanges EPI. L’objectif de ce projet collectif était de leur permettre de travailler avec d’autres élèves du CNED scolarisés dans le monde entier sur la rédaction d’un article sur une thématique d’EPI. La thématique choisie pour l’année scolaire 2016-2017 pour la 5 ème au CNED était Langues et cultures de l’Antiquité, avec le sujet « L’héritage de l’Antiquité ». Les élèves devaient explorer l'écriture d'invention.

Chaque groupe a rédigé avec l’aide de leurs professeurs un article, qui a été soumis aux votes de l’ensemble des élèves de 5ème du CNED. Avec à la clef, pour le groupe ayant remporté le plus de votes, la publication de son article sur notre blog et sur la page Facebook du CNED consacré au collège.

L’article rédigé sur Héraclès par Myriam Aubert, Atika Benaouda, Swann Bouget Allain , Koulmia Bouley, Pauline  Delauney, Selya Houari, Natale Richelle, Camille  Richeux, Ridha Sadki, Abdallah Saoud, Rayane Sedki, est l’article du groupe qui a recueilli le plus de votes. Redécouvrez grâce à eux la mythologie grecque !

 

Héraclès vaincra-t-il la Dragoduse ?

Au matin suivant, ils allèrent dans la forêt et se cachèrent dans les arbres. Ils attendirent plusieurs heures. Enfin, la Dragoduse arriva. Héraclès eut le temps de l'examiner plus en détail : le monstre était recouvert d'écailles plus solides que du roc, qui lui faisaient comme une armure. Ses tentacules, qui ondulaient et rampaient comme un serpent, lui permettaient de se déplacer. Chacune d’elles était terminée par des pointes aiguisées en forme de harpons. Sa queue lui faisait office de boulet et balayait tout sur son passage. Sa tête, similaire à celle d’un dragon, possédait deux terribles yeux vert émeraude qui contrastaient avec le rubis des écailles qui la recouvraient. Ce que ne savaient malheureusement pas nos héros, c'était qu'un seul regard de la Dragoduse suffisait à changer n’importe qui en pierre.

L’astuce d’Héraclès semblait fonctionner. Les arbres, balayés par sa terrible queue, tombaient au fur et à mesure que la bête avançait pour se nourrir des carcasses. Enfin, la Dragoduse s’arrêta juste en dessous de Gabriel, celui-ci sauta sur le dos de la méduse mais à cause d'un mouvement brusque du monstre, il rata sa proie et roula sur le sol. Il se releva sans attendre et chargea, mais au milieu de sa course il s’arrêta brusquement... immobile. Malheur ! Il devint grisâtre et sous les yeux médusés de ses amis se transforma en statue. Il venait malencontreusement de croiser le regard de la bête. Alors Héraclès comprit tout : ce monstre avait des pouvoirs semblables à Méduse, la Gorgone qu'avait combattu le vaillant Persée.

La bête allait renverser Gabriel d’un coup de queue quand Iolaos, qui n’avait pas l’intention d’abandonner son ami, siffla de toutes ses forces. La bête leva la tête vers lui et Héraclès en profita pour lui décocher une de ses flèches empoisonnées dans l’œil tandis que du liquide jaune en sortait. La Dragoduse poussa un cri déchirant et s'enfuit lourdement vers l'autre l'extrémité de la forêt, en déracinant sur son passage une dizaine d'arbres. Héraclès sauta à terre, il vit Gabriel les yeux grands ouverts, pétrifié de peur, Iolaos en pleurs à ses pieds. Héraclès le releva tant bien que mal. Ce dernier était un grand guerrier, il avait un grand cœur mais n'était pas très doué avec les émotions. Il fit de son mieux pour consoler son neveu. Il lui assura qu’il était plus déterminé que jamais à se débarrasser de cette abominable créature qui avait coûté la vie à leur ami.

« Merci Héraclès, lui dit Iolaos, c'était le seul ami qu’il me restait, tout mon équipage était sur le bateau quand cette maudite méduse nous a attaqués... Et voilà que le dernier d’entre eux s'est aussi fait prendre par ce monstre. Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour les venger, j'irai tuer cette Dragoduse avec ou sans aide !

 - Te voilà bien courageux mon neveu, lui dit Héraclès. Sache que ce sera toujours un honneur de combattre à tes côtés, même si pour cela il doit m'en coûter la vie. »

Soudain, ils entendirent un grand bruit et la terre se mit à trembler. Héraclès vit la méduse loin devant eux qui se dirigeait vers le volcan. Immédiatement, il comprit qu’elle allait à nouveau emprunter la faille et qu’ils seraient à tout jamais bloqués ici s’ils ne la poursuivaient pas. Il empoigna son neveu et tous deux s’élancèrent à la suite de la méduse. Iolaos regarda tristement une dernière fois la statue de son malheureux ami Gabriel.

La Dragoduse  se déplaçait bien plus rapidement qu’eux et Héraclès commença à penser qu’ils n’atteindraient jamais la faille à temps. Il tira donc son neveu de plus belle et ils accélérèrent l’allure. L'étrange lumière apparut une fois de plus et un large orifice se dessina sur le volcan. La Dragoduse le passa, et alors que le trou commençait à se referner, Héraclès et Iolaos se jetèrent dedans à leur tour. Ils se retrouvèrent dans la grotte où ils avaient laissé le capitaine Ezée et le reste de son équipage.

Essoufflés par leur course, Héraclès et Iolaos s'adossèrent contre la roche. Mais leur répit fut de courte durée car soudain un profond rugissement retentit. Avec effroi, les guerriers virent la créature sortir de l'eau et agiter ses tentacules-harpons.

Iolaos sentit quelque chose effleurer son pied. Avant qu'il n'ait pu faire quoi que ce soit, la Dragoduse l'attrapa par la jambe avec l'un de ses tentacules et le souleva dans les airs. Héraclès sauta sur la tête de la méduse et lui asséna un coup de massue qui aurait été fatal à quiconque. Mais la Dragoduse ne parut rien sentir et se secoua furieuse. Héraclès tint bon, il dégaina son épée et alors qu’il se préparait à l’assaillir, il aperçut la fente entre les écailles dont leur avait parlé Gabriel. Malheureusement il ne pouvait l’atteindre, car la méduse se tortillait trop violemment.

Le capitaine Ezée et ses hommes qui n'avaient pas quitté la grotte, espérant le retour d'Héraclès  et d'Iolaos  arrivèrent en renfort et se mirent à attaquer la méduse de toutes parts. Héraclès leur cria de ne surtout pas la regarder dans les yeux. Ils s'attaquèrent aux tentacules qu'ils se mirent à couper les uns après les autres. Cette diversion permit à Héraclès de parvenir au point faible de la bête. Il y enfonça son épée de toutes ses forces et la Dragoduse poussa le cri le plus perçant que l'on puisse imaginer. Cette dernière s'immobilisa, sa queue et les tentacules qui lui restaient tombèrent mollement. Vaincu, son corps fut emporté dans les flots. Ce monstre qui avait englouti des centaines de bateaux se retrouvait à son tour englouti dans les sombres profondeurs, grâce à nos courageux héros.

Zeus avait observé le combat depuis son trône dans les cieux. Il contempla son fils en lui promettant une élévation et une récompense digne de sa gloire et de l'exploit qu'il venait d'accomplir. Désormais plus personne n'aurait peur de passer par Théra pour aller en Crète.

Le lendemain, Héraclès, Iolaos  et le capitaine Ezée s'en retournèrent de leur périple mouvementé jusqu'au port de Nauplie. Mais alors qu'Héraclès se trouvait seul sur le pont, il se rappela un rêve qu'il avait fait la nuit dernière : un magnifique éclair avait ébloui le ciel ; le tonnerre s'était fait entendre et Zeus lui était apparu disant d'une voix forte :

" Mon cher fils ! Je suis très fier de toi, tu as réalisé des exploits inimaginables et le monde est délivré grâce à toi des monstres les plus terribles. Comme je l'espérais te voilà maintenant un héros, partout on parle de ta force et de ta bravoure. Tu es certes libre, mais tes aventures ne s'arrêtent pas là. Tu trouveras au port un cadeau que je te fais et qui te servira pour tes voyages en mer car bien d'autres exploits t'attendent encore pour débarrasser la terre de tous ses maux. Mais ne crains rien, je veillerai toujours sur toi."

 

Avant qu'il n'ait eu le temps de dire quoi que ce soit, il se réveilla ; son père avait disparu. Héraclès entendit un bruit qui le ramena à la réalité, c'était le capitaine Ezée qui annonçait à l'équipage que l'on arrivait bientôt à terre. Arrivés au port, un majestueux trois-mâts qui portait le nom d'Héraclès les attendait. Ils s'empressèrent d'aller le regarder de plus près. Héraclès était heureux de l'honneur que lui faisait son père, mais il comprit aussi qu'il lui faudrait encore lutter longtemps pour faire respecter la justice et libérer les hommes des nombreuses créatures qui les guettaient. Sa treizième tâche était loin d'être la dernière ! 

 

Fin ... pour le moment !